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Thursday, April 28, 2011

Les dates de péremption bientôt supprimées en Angleterre

A l'intérieur d'un sac d'ordures ménagères déposé sur la voie publique.
A l'intérieur d'un sac d'ordures ménagères déposé sur la voie publique. JPDN/SIPA

CONSOMMATION - Pour éviter le gaspillage, les dates de péremption pourraient être supprimées sur certains produits...

Plus de huit millions de tonnes de nourriture et de boisson finissent à la poubelle chaque année en Angleterre, dont cinq seraient encore consommables. Pour lutter contre ce gaspillage, le gouvernement britannique pourrait bientôt retirer les dates de péremption de certains produits comme le riz ou les pâtes. Elles seraient remplacées par des étiquettes conseillant de ne pas conserver trop longtemps les produits dans un placard, sans donner de date butoir.
Pour éviter les confusions, les mentions de «date de vente» et «date limite de présentation en magasin» devraient être retirées. Les produits dits «sensibles» comme les laitages ou les œufs devraient toutefois échapper à ce dispositif.
Les Anglais sont les plus gros «gaspilleurs» d’Europe, avec l’équivalent de 795 euros dans leur poubelle chaque année. En France, ce sont  en moyenne sept kilos de nourriture par an qui sont jetés, alors que des gestes simples permettraient d’éviter une grande partie de ce gaspillage.

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Thursday, April 21, 2011

Télécharger le rapport parlementaire sur la Neutralité du Net - Yahoo! Actualité

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On pourra le télécharger ci-dessous.- Le rapport sur la neutralité du net
Voilà les principaux points de ce rapport (que nous analysons actuellement) :
1. Inscrire dans la loi le principe de neutralité pour assurer la cohérence des actions visant à la protéger ;
2. Prévoir a minima l'intervention systématique du juge pour éviter les dérives en matière de blocage et s'interroger sur son efficacité ;
3. Réserver l'appellation internet aux services respectant le principe de neutralité ;
4. Mesurer et garantir la qualité de l'internet ;
5. Analyser en détail les effets de l'institution d'une ? terminaison d'appel data ? au niveau européen pour financer les co?ts liés à l'accroissement du trafic.
Plus d'infos sur PCInpact.com
  • La Hadopi autorisée à tracer les internautes et les usages
  • Semaine décisive pour l'avenir du filtrage en Europe
  • Hadopi : entre report et retard, la timeline de la mission Riguidel
  • Hadopi : filtrage et labellisation, mission (presque) terminée
  • Hadopi et le filtrage dans la LOPPSI cibles du projet PS 2012 (MàJ)
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Thursday, April 14, 2011

Qu’est-ce qu’être suisse

? La Suisse n’existe pas. ? C’est un artiste fran?ais, Ben Vautier, qui l’a écrit. On pourrait donc rapidement écarter la proposition. Surtout que Kadhafi se l’est appropriée, l’humour et la finesse en moins. Le problème, c’est que ? La Suisse n’existe pas ? était aussi le frontispice du pavillon suisse de l’Exposition universelle de Séville en 1992. Que la phrase lapidaire ait alors été utilisée avec un brin de provocation ne fait pas de doute, mais elle révèle néanmoins le rapport compliqué de la Suisse à son identité.
Alors que Nicolas Sarkozy et son lieutenant ministre l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire, Eric Besson, veulent remettre l’église républicaine au milieu du village, le coq fièrement juché sur son fa?te, et La Marseillaise sur les platines, la Suisse se crispe aussi et s’apprête à voter, le 29 novembre prochain, une proposition visant à interdire la construction de minarets. Une initiative à mettre au crédit de l’UDC, le parti populiste de Christoph Blocher, et de l’UDF, un parti chrétien ? majoritairement évangélique ?.
L’UDC, experte en manipulation d’opinion, spécialiste des épouvantails et autres boucs-émissaires de toute sorte – les Roumains étaient les derniers en date avant que les musulmans ne les remplacent – n’en est pas à son coup d’essai. Chacune de ses campagnes xénophobes s’appuie sur des affiches qui exacerbent la peur de l’autre. Des campagnes qui fa?onnent, en creux, une certaine idée de l’identité suisse.
En effet, si ce n’est au nom d’une certaine identité, qu’elle définirait de fa?on négative, en excluant ce qu’elle n’est pas, alors au nom de quoi la Suisse pourrait-elle se prononcer pour ou contre l’interdiction des minarets ? Nous avons donc voulu en savoir un peu plus. Y a-t-il ou non une identité nationale suisse ?
Pour faire bonne mesure, l’artiste Ben a peint un autre tableau, plus tard, sur lequel il a écrit : ? La Suisse existe ?. Sur fond noir cette fois. Comme un clin d’?il au consensus politique, l’une des facettes de ? l’esprit suisse. ? Et esprit n’est pas synonyme d’identité. En tout cas pas sous la plume de l’historien et journaliste Gérard Delaloye. L’auteur de ? Aux sources de l’esprit suisse, de Rousseau à Blocher ?, au détour d’un bref échange électronique, lance sans ambages : ? Il n’y a pas d’identité suisse. Les identités sont cantonales. Comme il n’y a pas à proprement parler d’histoire suisse, sauf depuis 1848. Donc un débat sur la question n’aurait pas de sens. ?
Lyonel Kaufmann, didacticien et historien à la HEP-VD de Lausanne, abonde dans le même sens. S’appuyant sur les travaux d’Anne-Marie Thiesse – qui affirme que la naissance d’une nation correspond au ? moment où une poignée d’individus déclare qu’elle existe et entend le prouver ? –, il explique qu’après la date charnière de 1848, la Suisse a commencé à se construire ? à la suite de la guerre franco-allemande de 1870 qui mit en évidence l’émergence des tensions nationalistes entre nations européennes et le risque pour la Suisse d’être écartelée entre ces deux influences ?. Il évoque aussi ? la montée en puissance du mouvement ouvrier qui rapproche les forces libérales-protestantes et celles des catholiques-conservateurs qui s’étaient violemment opposées jusqu’alors ?.
Aujourd’hui, cette angoisse de l’écartèlement et de l’éclatement d’une Suisse très ouverte économiquement, est toujours vivace. La remarque de Kadhafi ne manque pas de piquant de ce point de vue. Les partis conservateurs manient l’argument identitaire en se reposant précisément sur les classes populaires déboussolées par l’ouverture et la dérégulation des marchés.
Mais revenons à notre question : qu’est-ce qui caractérise ? l’esprit suisse ? ? Certains présentent la langue fran?aise comme étant le ciment de l’identité nationale. Si cet argument a une quelconque valeur, il ne peut être utilisé en Suisse, puisque le pays compte quatre langues nationales. Et on habite une langue avant d’habiter un pays, pour paraphraser Cioran.
La religion non plus. Si le catholicisme rassemble trois millions de fidèles, les protestants en comptent presque autant. Quant à la communauté musulmane, elle ne représenterait qu’un peu plus de 200 000 personnes. Elle se compose surtout de ressortissants turcs et de l’ex-Yougoslavie. Cette proportion ne laisse pas augurer d’un choc des civilisations à la Huntington.
D’ailleurs, le Conseil suisse des religions (SCR), organe composé de juifs, de chrétiens et de musulmans, s’est prononcé fermement contre l’initiative en septembre dernier au nom de la paix religieuse. Fin octobre, un sondage du quotidien Le Temps montrait que la confession des sondés n’influen?ait pas le vote de fa?on claire. Précisons que le Conseil fédéral (gouvernement) et le Parlement ont aussi rejeté l’initiative. Le peuple aura donc, dans quelques jours, le dernier mot.
Alors, que faut-il utiliser pour cimenter le ? gigantesque bricolage ? qu’est l’identité suisse, selon l’expression du sociologue Bernard Crettaz ? Le drapeau, l’hymne national, le secret bancaire, la pureté des paysages, la neutralité, le chocolat au lait ?
Sur le portail suisse de la Confédération, nous pouvons lire ceci : ? La Suisse est un l’un des plus anciens Etats du monde. Il y a plus de 700 ans, les habitants des vallées d’Uri, de Schwyz et d’Unterwald, se rebellèrent contre les Habsbourg et leurs velléités hégémoniques. Selon le mythe fondateur, les conjurés signèrent un pacte d’assistance mutuelle sur la prairie du Grütli, au bord du lac des Quatre-Cantons, le 1er ao?t 1291. ? Ce passage révèle deux choses. D’une part, que la Suisse a au moins un mythe fondateur, le serment du Grütli – l’autre étant Guillaume Tell, popularisé par Johann Christoph Friedrich von Schiller, un poète… allemand. D’autre part, que le mythe fondateur fonctionne puisque cette légende fait de facto de la Suisse ? l’un des plus anciens Etats du monde ?.
Sandro Cattacin, le directeur du Département de sociologie de l’Université de Genève, que nous avons joint au téléphone pour tenter d’approfondir cette question, nous a lui aussi proposé un petit cours d’histoire. Son point d’ancrage est plus récent. Comme Gérard Delaloye, il se situe en 1848, date de la nouvelle constitution qui ? donne à la Suisse un gouvernement plus centralisé et lui confie certains pouvoirs qui incombaient jusqu’alors aux cantons. ? C’est la naissance de l’Etat moderne.
? La Suisse est une « nation de volonté ». Les Cantons se sont rassemblés pour être plus forts. La gageure était de trouver une structure qui conserve la diversité au c?ur de cet assemblage. ? C’est le début d’une dialectique très fragile qui fait l’originalité politique et culturelle de la Suisse, et sa richesse, encore aujourd’hui. Et Sandro Cattacin d’ajouter, sous forme de boutade : ? Le seul qui a tenté d’imposer une logique nationale à la Suisse fut Napoléon. ? Dont acte.
Selon le sociologue, ce qui a ensuite fa?onné la Suisse, c’est la problématique de l’Etat social : ? Sur le plan de la santé tout était cantonal. La question s’est donc posée : est-ce qu’une personne qui habite dans un canton en étant originaire d’un autre a le droit de demander assistance dans celui dans lequel il vit ? Le débat s’est donc posé pour la première fois dans une logique d’inclusion et d’exclusion. ? Et, pour la première fois aussi, la Confédération est intervenue. Ce fut la naissance d’un ? compromis national ?, d’un Etat social national qui a débouché sur la création de l’AVS – système de prévoyance pour les retraites – en 1948.
A cette même période, la Suisse a connue une vague d’intense immigration. ? On est passé de 3 à 4% d’immigration à 15 % dans les années 60. ? L’étranger du canton voisin est donc devenu l’étranger d’autres pays. Aurait-il lui aussi la possibilité de bénéficier de l’Etat social ? La logique d’inclusion et d’exclusion s’est donc déplacée. C’est à cette époque que son nés les premiers partis identitaires, comme l’Action nationale – devenue plus tard les Démocrates Suisses. L’UDC, elle, est la forme moderne du ? parti agrarien ?, créé dans les années 1920.
? On instaure alors des examens d’assimilation, préludes à la procédure de naturalisation. Au niveau national, on demande des choses simples : que les futurs citoyens ne soient pas des criminels, qu’ils aient passé au moins douze ans en Suisse et qu’ils soient en bonne santé (sic). Le reste des critères est délégué aux cantons et aux communes. On trouve alors des choses très surprenantes, sensées constituer l’identité suisse. On demande par exemple aux futurs Suisses ce qu’ils préparent à manger, les journaux qu’ils lisent, des connaissances sur le chocolat ?, poursuit le sociologue. L’identité se résume alors à un assemblage procédural assez hétéroclite qui trahit justement son manque de fondement véritable.
Face à l’immigration rapide des années 60, qui fait aujourd’hui de la Suisse le pays d’Europe qui comporte proportionnellement le plus grand nombre d’étrangers – plus de 20% de la population, 40% dans le canton de Genève –, les partis identitaires, oubliant le paradoxe même de leur existence dans un pays à l’identité si éclatée et protéiforme, brandissent alors la menace potentielle de l’étranger, comme bouc-émissaire des maux de la Suisse. Une logique qui s’est adaptée aux vagues successives d’immigration, visant d’abord les Italiens, puis les ressortissants des pays de l’Est et aujourd’hui le frontalier fran?ais ou le musulman. On est toujours l’étranger d’un autre.
Paraphrasant un proverbe suisse, Jacques Levy, professeur de géographie, d’urbanisme et d’aménagement à l’EPFL, me confiait lors d’un entretien réalisé pour Mediapart en février 2009 : ? Nous sommes ensemble parce que nous ne nous comprenons pas. ?
Neutralité, concordance politique, démocratie directe, propreté, beauté des paysages, système bancaire opaque, drapeau, spécialités culinaires, tout cela participe de l’image de la Suisse. Mais le caractère récent et parfois incertain de la majorité des traits de cette énumération ne leur permet pas d’endosser l’identité suisse qui se perd dans la diversité de ses manifestations. ? C’est cette diversité qui fait la force de la Suisse ?, conclut Sandro Cattacin.
Une diversité qui fait en tout cas la force de l’équipe suisse de football des moins de 17 ans qui vient de remporter la Coupe du monde de football, forte de ses joueurs d’origine variée. Treize joueurs des ? Rougets ? sont en effet binationaux, des segundos, ainsi qu’on les appelle en Suisse, autrement dit, des ? immigrés ? de deuxième génération, naturalisés suisses. Comme un remake de la France black-blanc-beur de 98, les ressortissants des pays de l’Est en plus… Un pied de nez aux thèses xénophobes, mais qui n’a rien d’une garantie de paix sociale éternelle, le black-blanc-beur fran?ais du mondial de 98 n’ayant pas eu les splendides vertus que d’aucuns espéraient.
Le nationalisme est une invention récente. Son avatar, l’identité nationale, ne peut être que construit et reconstitué. Or, cette construction, comme le regrette Lyonel Kaufmann, s’inscrit dans un porte-à-faux permanent et ne se fait pas ? sur la base positive des valeurs de la Révolution fran?aise ?.
Samuel Dixneuf (Vernier Bondy Blog)
Prolonger:

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Thursday, April 7, 2011

La parole d’Obama professée à Saint-Ouen - oh yeah !

Vendredi soir, les habitués du Fort de l’eau, brasserie face à la mairie de Saint-Ouen, se sont fait un peu voler la vedette. Réda Didi lan?ait Graine de France, un cercle de réflexion politique centré sur les quartiers populaires. Un think-thank, pour parler plus 6e arrondissement. Hasard ou pas, Fort de l’eau, c’est aussi le nom d’une ville algérienne jadis sous domination fran?aise. Les choses ont changé.
Ce n’est pas Howard Dean et Karen Finney, présents ce soir qui diront le contraire. Lui qui fut gouverneur du Vermont puis candidat à la primaire démocrate de 2004, qui a suivi Barack Obama jusqu’à son arrivée dans le bureau ovale, en janvier 2009, veut croire que le changement est inéluctable, même en France. Cet ancien chef du Comité national des démocrates, de 2005 à 2009, et la directrice de communication du parti, ont tenu à participer à ce lancement. Les deux Américains sont pragmatiques. Pas de temps à perdre. Dans la petite salle de restaurant, on a poussé les tables, mis des chaises style rustique à dispo et surtout préparé une belle table pour Dean et son staff.
A l’entrée, Randiane Peccoud de l’ambassade américaine à Paris accueille les arrivants, note leurs coordonnées. Et oui, c’est ?a, la stratégie américaine. Rien ne se perd, tout se conserve… C’est un peu la recette du succès d’Obama. Ce que Karen Finney confirmera durant la soirée. ? Aller frapper aux portes, constituer des listes de contacts, Obama a compris comment faire aller les gens aux urnes ?, explique-t-elle dans sa langue maternelle, l’anglais. Mais, Gillian, l’interprète est là. Une soixantaine de casques de traduction a été prévue. Ce soir, le Fort de l’eau, c’est un peu l’Onu.
L’heure tourne et la salle se remplit. Il est temps de commencer. Après un temps accordé aux journalistes, le débat est lancé à 16h45. Il faut respecter le timing. Deux Américains à Paris, ?a encha?ne les rendez- vous. Réda Didi, costume sombre, chemise blanche, prend la parole. C’est lui qui anime la soirée. Micro en main, ? il remercie chaleureusement les deux démocrates de leur présence, ce soir à Saint-Ouen ?. Howard Dean, veston bleu, cheveux grisonnants, a l’allure d’un homme simple et accessible. Pas trop de décalage avec la brasserie familiale. Karen Finney, elle dégage une classe naturelle. Plut?t facile, c’est une belle femme.
Pendant, ce temps d’autres visages font leur apparition dans l’arrière-salle de la brasserie. Pas question de manquer une telle affiche. D’autant que la salle des fêtes initialement prévue pour accueillir la délégation américaine est passée à la trappe. Mamadou Ke?ta, conseiller municipal sur une liste indépendante, préfère le préciser. ? Nous nous sommes heurtés à des frilosités. ? Il n’en dira pas plus. Le linge sale, ?a se lave en famille.
Surtout lorsqu’il est question des quartiers populaires. Dean est venu délivrer un mode d’emploi à des jeunes militants en mal de positions éligibles. L’auditoire, attentif, boit ses paroles. Difficile de faire autrement. Obama à la Maison Blanche, c’est un peu grace à lui. Internet en politique, c’est encore lui. ? Obama a touché son électorat, 80% grace aux réseaux sociaux ?, rappelle t-il. Facebook, Twitter, my space, ce n’est pas que pour le fun, alors ? Et d’ajouter, sans condescendance, ? Internet n’est pas beaucoup utilisé par les politiques en France ?.
A ses c?tés, Karen Finney livre les secrets de cette campagne qui a fait rêver tant de gens. ? Nous avons commencé le travail quatre années auparavant. Nous sommes sortis de la structure traditionnelle des partis. Par exemple, nos militants ont beaucoup discuté avec les voisins, car les gens croient plus à ce qui se dit dans le voisinage qu’à la télévision. ?
Le public semble emballé. Il est 17h30, la salle va pouvoir prendre la parole. Boujema Hadri, journaliste, est là pour gérer le micro. Crucial. Les habitués des colloques le savent bien. Un micro, ?a suscite, chez certains, des envolées lyriques. Ce soir, on n’y aura pas droit. Ce serait dommage de se ridiculiser devant les ma?tres du monde…
Réda Didi appate avec l’identité nationale. Dean, diplomate, finira par dire que ? c’est un débat stérile ?. Ce soir, on est tous américains. Un jeune de Sciences-Po l’interroge au sujet de ? la difficulté de pr?ner des valeurs universelles sans tuer sa propre identité ?. L’occasion pour Dean de revenir sur ? ses origines de Blanc privilégié, confronté à Yale à la réalité des Afro-Américains ?. On est dans la confidence. C’est ce qui rend son message convaincant. On n’est pas trop habitué, en France, à ce ton de suprême proximité.
Une journaliste l’interroge sur ? les raisons qui poussent les Américains à s’intéresser aux quartiers populaires en France ?. Langue de bois ? Dean parle de ? justice sociale ?. Sans un mot de plus. Les questions fusent mais pas de confrontation comme c’est souvent le cas avec les politiques du terroir. Alors quand un jeune élu de Gonesse confie son désarroi face au ? choc des civilisations qu’il constate en France ?, Dean rappelle que ? l’être humain a un c?té noir ?. Et d’encha?ner, Kennedy dans la formule : ? Ne demandez pas à l’élite, faites-le ! ? Pas angélique pour un sou : ? Aux Etats- Unis, aussi, il y de la discrimination mais ne rentrez pas dans ce type de débat. Enr?lez les gens autour de vous. Si les partis ne vous prennent pas, créer le v?tre ! ?
Un mini-show à l’américaine. Au fond, assis sur les tables, une partie du public écoute. La salle est trop petite. Pendant deux heures, on se serait cru dans un QG démocrate. Graine de France, yes, you can !

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Friday, April 1, 2011

Besancenot, idole des cités - C’est pas dans la poche

Souvent, chez nos chers jeunes de quartiers, la politique se limite aux noms de Sarkozy, Royal et Le Pen. Alors quand, boum, on bouscule les choses et parle de ? Besancenot ?, les yeux se plissent. Certains avouent rapidement ne ? rien conna?tre à la politique ?. D’autres, plus curieux, sont impatients de découvir la personnalité de cet homme. On leur fait donc un topo. Enfin, il y a ceux à la pointe de l’actu. Ils sont rares.
Dihiya, 16 ans, cheveux tressés, des yeux bleus per?ants. La jeune fille habite Saint-Denis, elle est en première littéraire. Le matin, Dihiya écoute France Culture et le week-end, elle regarde ? Ripostes ? sur France 5. Dimanche dernier, l’invité était Olivier Besancenot. Pour elle, ? il est clair, contrairement à d’autres hommes politique ?. Et puis, si pour Noel 2009 elle recevait une carte électorale avant l’heure, elle ? voterait pour lui sans aucune hésitation ?. Le dirigeant du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) aurait alors trouvé une électrice. ? J’estime, continue-t-elle, que la nouvelle génération est obligée de se préoccuper de l’écologie ?, l’un des piliers du programme du NPA. ? Les gens le connaissent peu ici, il n’est pas assez médiatisé et on n’est pas assez informé ?, affirme Dihiya.
Thibault, jeune homme à lunettes, estime qu’Olivier Besancenot ? est le meilleur de tous les gauchistes puisqu’il arrive à amasser les foules ?. Les derniers chiffres l’attestent : déjà 9000 adhérents pour le nouveau parti ! Thibault avoue avoir un esprit ? plus à droite ? et pour lui, le jeune candidat de la défunte LCR à la présidentielle de 2007 et probable candidat du NPA à celle de 2012, est ? trop communiste ?. Et puis, ? le capitalisme, ?a sert ?, ajoute-t-il, l’air sérieux.
Avec son jeune age, ses nombreuses prises de position, son vocabulaire sec et abordable (par rapport à Sarkozy expliquant la crise économique), Besancenot devrait, pense-t-on, avoir une cote de popularité dépassant les 70% dans les quartiers. Malheureusement pour ceux qui le soutiennent, ce n’est pas vraiment le cas. ? Il est dans le rêve et me rappelle la maison de Mickey ?, ironise Inès. Habitante d’Aubervilliers, Inès déclare, du haut de ses 17 ans, que ? les projets de Besancenot ne sont pas réalisables ?.
Qui replantera l’olivier ?, demande Wallen dans l’un des ses tubes. Besancenot, pardi ! Il dissout la LCR, crée le NPA et compte sur les adhésions pour mesurer ? l’envie de changement ? des Fran?ais. Il veut constituer ? un front anti-Sarkozy ? et se hisser comme le principal opposant au gouvernement. Le postier de Neuilly a tout, a priori, pour séduire les jeunots de banlieue : des avis pro-palestiniens en veux-tu en voilà et des rapports étroits avec certains rappeurs de la ? zone ?. Mais qu’on se le dise une bonne fois pour toutes ! C’est plus qu’un agité de circonstance qu’attendent les habitants des cités.
Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah

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